Décès du photographe Peter Lindbergh

Le photographe de mode allemand Peter Lindbergh est décédé le 3 septembre, à l’âge de 74 ans. Voici comment il a bousculé les codes de la photographie de mode.

Célèbre pour ses clichés de mode en noir et blanc, Peter Lindbergh est décédé le 3 septembre, à l’âge de 74 ans. Le photographe allemand a notamment travaillé avec les magazines Vogue, Harper’s Bazaar et The New Yorker. En 2017, il a également signé le calendrier Pirelli.

Le portraitiste a créé une nouvelle forme de réalisme grâce à des photographies intemporelles. Influencé par les photographes documentaires et le photojournalisme, il a su donner à ses œuvres une approche humaine. Peter Lindbergh préférait s’intéresser à la personnalité de ses sujets plutôt qu’à leur réputation.

Portrait de Peter Lindbergh ©Stefan Rappo

L’art comme moteur de vie

Né en 1944, Peter Lindbergh a grandi à Duisbourg, en Allemagne. Le jeune homme quitte ensuite sa famille pour étudier à l’Académie des beaux-arts de Berlin, où il se prend de passion pour le cinéma et la sculpture allemande de l’entre-deux-guerres. A cette époque, Peter Lindbergh a confié :

« Je préférais m’inspirer de Van Gogh, mon idole, plutôt que de peindre les portraits et les paysages imposés dans les écoles d’art ».

Après ses études, il fait ses premiers pas dans le magazine Stern, puis déménage à Paris en 1978 pour vivre de sa passion : la photographie.

Ses clichés, le plus souvent en noir et blanc et sur fonds de paysages industriels , sont la signature de Peter Lindbergh. Il a même contribué à la création de la réputation des Supermodels dans les années 1990, en photographiant Naomi Campbell, Linda Evangelista, Cindy Crawford Tatjana Patitz, et Christy Turlington.

« Nous, les photographes, sommes là pour libérer les femmes »

Très présent sur les réseaux sociaux, Peter Lindbergh a récemment publié les clichés qu’il a pris pour l’édition britannique du Vogue. Avec pour rédactrice en chef du numéro de septembre Meghan Markle, la duchesse de Sussex, le magazine a sorti son numéro de septembre avec a choisi d’afficher la diversité des femmes en couverture, avec Greta Thunberg et Salma Hayek, entre autres.

Dans une interview au Monde, Peter Lindbergh a expliqué vouloir défendre les femmes contre les stéréotypes de la beauté à l’aide de ses photos. Pour le portraitiste, le modèle doit apparaître dans son plus simple à l’objectif.  :

« Je répète très souvent que nous, les photographes, sommes là pour libérer les femmes de la dictature de la perfection et de la jeunesse. L’industrie fait son boulot, elle a des produits à vendre, mais tout le monde n’est pas obligé de suivre. L’image que l’on renvoie aux femmes aujourd’hui est épouvantable. Avec Photoshop, on en fait des robots, comme si c’était un avantage de faire 1,80 m et 45 kg. Pour moi, cette norme signe la fin de la civilisation ».

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