La France importe 50 pourcents de sa consommation agricole

Historiquement, la France a toujours été un grand pays d’agriculture. Pourtant, aujourd’hui, 50 % de la consommation annuelle des Français sont importées.

Le pays, qui autrefois était le 2ème exportateur mondial de produits agricoles, se retrouve actuellement à la 5ème place (en l’espace de 20 ans).

Selon le dernier rapport sénatorial, le secteur agricole est en pleine régression. Cette baisse de potentiel du secteur est très remarquable, surtout si l’on se réfère à la balance commerciale de l’agriculture déficitaire du pays.

Quelles sont les éventuelles causes de ce phénomène? Quelles sont les solutions proposées par le Sénat ?

Le taux d’importation des produits agricoles augmente : les principales raisons

En 2021, selon l’INSEE, la France importe des produits agroalimentaires de valeur de 46,1 milliards d’euros. Apparemment, cette valeur continue d’augmenter cette année, car les produits agricoles locaux ne répondent plus aux besoins de la population française. À cela s’ajoute la rétrogradation systématique de l’agriculture.

Les principaux produits agricoles importés par la France

Le dernier rapport sénatorial montre que la France importe aujourd’hui des denrées alimentaires à hauteur de 63 milliards d’euros. Soit 2,2 fois plus qu’en année 2000. Les produits agroalimentaires les plus importés par la France sont :

  • Les viandes : la moitié des viandes de poulet consommée par les ménages français est importée. La France importe également les 56 % de viandes ovines destinées à la consommation.
  • Les légumes : on estime que la France importe 71 % des fruits et 28 % des légumes destinés à la consommation.
  • Les produits laitiers : en 2021, le pays importe des produits laitiers à valeur de 2,71 milliards d’euros. Cette valeur a augmenté de 5,96 % par rapport en 2020. Actuellement, ces chiffres s’accroissent toujours

Les produits agricoles locaux coûtent cher

Ce n’est pas pour rien si 20 % de l’assiette d’un Français est importé de l’étranger. La mise en œuvre de la politique « montée en gamme » en France cause la montée des prix des produits locaux. En effet, cette politique oblige les producteurs à passer à un mode de production moins quantitative, hautement qualitative.

Par ailleurs, avec la hausse importante des prix de l’énergie, les coûts de la production agricole augmentent en conséquence. Tout cela engendre bien évidemment une hausse importante des prix des produits. Ce qui n’est pas forcément à la portée du pouvoir d’achat des Français. Ainsi, ces derniers préfèrent acheter des denrées alimentaires importées à bas prix pour se nourrir au quotidien.

La filière agricole est en pleine rétrogradation

Dans tout l’Europe, on estime une perte de 6,4 millions d’exploitations d’ici 2040. On peut déjà constater la véracité de ce fait en France. En seulement 10 ans, la France a perdu environ 100 000 fermes, et 12 % de ses travailleurs agricoles. Les fermes et les exploitations perdent également en productivité et en compétitivité.

  • La hausse des charges de producteurs (impôts, surtransposistions…) s’ajoutent aux surcoûts engendrés par la politique « montée en gamme ».
  • Le manque d’investissement dans l’agroalimentaire
  • La faible défense de l’Etat dans les accords de libre-échange

Amélioration de la compétitivité de la France sur le marché agricole : les recommandations du rapport sénatorial

Dans ce contexte de guerre en Ukraine, il est primordial de garder sa souveraineté alimentaire. L’Etat se tourne alors vers la relance agricole et la remise en compétitivité de la France sur le marché des produits agricoles. L’Etat décide ainsi de faire un appel à consommer français et instaure de nouveaux programmes pour relancer le secteur agricole. En effet, il est impératif de regagner sa place sur le marché agricole.

Ainsi, les 24 solutions proposées par le sénat dans le rapport s’orientent surtout vers l’amélioration des soutiens aux agriculteurs et exploitants, l’accélération de la transition vers l’agroécologie, la conquête et reconquête des marchés, ainsi que la protection de l’agriculture française.

Afin de mettre en œuvre tout cela, des dispositions été mises en place :

  • Nomination d’un haut-commissaire pour piloter le plan « compétitivité 2028 » : cette nomination est fondamentale pour la compétitivité de la France. Donc, une priorité politique.
  • Maîtrise des charges de production : le but étant de regagner de la compétitivité prix. Pour cela, il faut réduire les coûts de main d’œuvre (sans détériorer l’attraction salariale du secteur). L’administration doit également contribuer pour ne pas être un frein à la compétitivité.
  • Relance de la croissance de productivité de l’agriculture française : cela se résout à investir dans l’agriculture pour augmenter le nombre d’exploitations (simplifier l’extension ou la création des sites de production ou appliquer la réforme de la loi de l’assurance récolte, par exemple). En même temps, faire de la France le Champion de l’innovation agricole dans le respect de l’environnement.
  • Conquête de nouveaux marchés et reconquête du marché intérieur : pour gagner sa place sur les marchés extérieurs, la France doit réformer le soutien à l’export et améliorer l’image de sa marque. En outre, pour regagner le marché intérieur, elle doit revoir son mode d’étiquetage, instaurer une politique de contrôles des tromperies plus stricte et promouvoir la consommation des produits locaux dans les cantines.
  • Protection de l’agriculture française des concurrences déloyales : il s’agit surtout d’appliquer les clauses miroirs en contrôlant l’entrée des denrées importées et en actualisant les outils de protection aux importations.