Comédie dramatique, « Haute couture » aborde un sujet de société : le regard porté sur la banlieue. Avec la haute couture en toile de fond, ce sont les rapports humains qui tiennent la dragée haute dans ce film de la réalisatrice Sylvie Ohayon qui n’est pas un conte de fée mais en contient tous les ingrédients.

Pour sa deuxième réalisation, Sylvie Ohayon replonge dans l’univers de la banlieue qui l’habite à travers la rencontre de deux femmes issues de classes sociales peu favorisées. Son premier film Papa Was Not A Rolling Stone, il y a sept ans, était consacré à son adolescence dans la banlieue nord de Paris pendant les années 80 et son livre Les Bourgeoises, il y a neuf ans, évoquait la difficulté de s’intégrer en tant que banlieusarde de la Courneuve. Mais l’univers qui relie ces deux femmes est celui de la mode.

D’un côté il y a Esther (Nathalie Baye, fragile mais déterminée), première d’atelier de la maison Dior, qui participe à sa dernière collection de haute couture avant de prendre sa retraite. Le soir, elle prend son RER et rentre dans la solitude de son petit pavillon de banlieue d’Athis-Mons. De l’autre, il y a Jade (Lyna Khoudri), 20 ans, qui vit dans le 93 et occupe ses journées avec sa copine beur Souad (Soumaye Bocoum qui a joué dans Papa was not a Rolling Stone) à voler dans le métro, tout en prenant soin de sa mère dépressive qui ne quitte jamais son lit (Clothilde Couraud, méconnaissable).

Cette rencontre improbable entre ces deux femmes, qui ne fréquentent pas le même monde mais qui viennent toutes deux de la banlieue, aura lieu quand Jade restitue à Esther son sac à main, qu’elle lui a volé avec la complicité de Souad. En colère mais convaincue que la jeune fille a un don – « avec ces mains, tu pourrais faire de jolies choses » -, Esther lui offre la chance d’intégrer les ateliers de la maison Dior et de lui transmettre un métier qu’elle a toujours exercé.